dimanche 14 juin 2009

Eté de l'Esprit, congé de la pensée

"Marché un jour
Marché toujours"

Marceau, un p'tit air d'état d'Ame
Un courant silencieux, des Femmes et des Hommes, partout, pensent l'individu comme unité souveraine et partie d'un tout. Pourquoi pas l'humanité. Et ne conçoivent d'Humanité qu'ouverte à plus grand qu'elle, un Dieu pour les uns, le bien commun pour d'autres.

. Frappant, comme Dieu (quelqu'Il soit) est toujours plus invoqué à mesure que le monde bat de l'aile; les croyances avancent et la marche désastreuse du monde en démontre la vanité.
. Curieux, un rien désespérant, comme le bien commun est lent, terriblement lent, à émerger.
Derrière ce temps trop long à faire acte de courage et de raison : le court terme, Yahvé des crétins, Jésus des enfarinés. Qui s'empare d'esprits tout à l'espoir d'un gain, matériel ou moral...

... "Et nous là-d'dans, qu'est-ce qu'on y fait?", demandait François Béranger...

Marceau, un grand air d'Europe
Cher Camarade Pivert, une élection s'est déroulée il y a une semaine qui engageait la vie d'un continent et à laquelle la moitié, ou plus, du continent n'a pas participé.
"Et alors?". Fichue question. Lorsque l'Etat a unifié les lignes de chemins de fer privées en 1938 pour fonder la SNCF, imagine si 50% au plus des agents ne s'étaient pas sentis investis de leur mission de service public. La SNCF n'aurait pas existé. Imagine une chambre de Front Populaire élue en juin 1936 avec moins de 50% de votants, douleur de la gauche, triomphe de la réaction. Ton fameux "Tout est possible" aurait eu rang de billevesée. Imagine encore une Entreprise privée actuelle essayant de tourner avec 50% de son capital et 50% de ses effectifs minimaux.

La réalité, Marceau? On s'accomode d'une réalité désastreuse tant que l'ordre dominant y consent. L'ordre dominant n'a que faire des Citoyens et de leurs votes quand les banques et les investisseurs font et défont les réalités sociales et économiques; les Citoyens leur ont depuis longtemps laissé le champ libre.

Et les Citoyens apprendront un jour - assez tôt, trop tard? - qu'une démission ne se reprend pas. Surtout si des peigne-zizis comme ci-contre la leur ont arrachée.

C'est bon, j'arrête, oui, je sais, tu connais. Ah, ces vieux socialistes, pires que les jeunes s'il en reste, impossible de leur raconter quoi que ce soit, prétendent déjà tout savoir...
Une certaine peur, un certain malaise cependant : un Parlement continental va prendre des décisions auxquelles 50% de ses mandants ne se sentiront pas liées.
C'est, dans l'Histoire, une recette éprouvée pour les explosions, les arbitraires, les fosses communes de la démocratie; l'image-reine va apprendre tous les jours à des Peuples fascinés que le déni démocratique est un acquis démocratique, ils y croiront tant que les supermarchés seront pleins.
Au-delà?
Rien, aurait pu dire Colette Audry.
L'Humanité, comme la nature, a horreur du rien.
Tout est possible, y compris l'explosion.

Attends, Camarade Marceau, attends !
Je sais, un socialiste n'a pas au Coeur l'état d'âme ni la langueur monotone.
La promesse socialiste ne se mesure pas à nos petites personnes; je ne milite plus depuis longtemps déjà, ou sporadiquement, et le changement du monde reposerait sur moi qu'il y faudrait des millénaires.
Juste ceci, donc : l'avenir du socialisme est une nouvelle longue marche. Proposer à l'Humanité de réfuter les évidences dramatiques de la vie qui va, pour en essayer d'autres qui, jamais, n'ont réellement existé et le payent en dizaines d'élections perdues, en révolutions ratées, en misères économiques et sociales du capitalisme mises sur le compte doucereux du c'est comme ça qu'est-ce qu'on y peut. Le socialisme appelle les Peuples au courage, et les Peuples sans pensée refoulent le courage par indifférence générale.
Beuh. Pas bon, pas beau, manque de sucre.

J'ai voulu apprendre la patience. L'enseigner à qui en aura plus encore besoin que moi, les jeunes de maintenant, mes Enfants au premier rang. Leur Mère. D'autres dont la compagnie m'est précieuse.
Quid de la patience et du temps long, de mon vivant? Ce mot de Jean-Pierre Chevènement ne me quitte pas les méninges : l'Humanité progresse par excès corrigés. Je verrai l'excès arriver à terme, laissant la correction à ceux qui suivront.

Marceau, un air de Livres
En attendant, ce constat, Cher Marceau, qui aurait valu à mon si cher Stefan Zweig une bonne nausée : plus de six-cents mille emplois ont disparu depuis quasiment un an, mais les ventes de Livres progressent.


J'attendais ce narquois "eh bien, tant mieux pour votre porte-monnaie !"; mais voilà, les petits, "le Peuple", comme on devait dire à la CAP autrefois, ne font pas que déserter la démocratie, ils peuvent crever et le commerce du Livre vivre très bien. Pas nouveau, j'en conviens. On balance aux petites gens des tartes Musso à la crème Levy, les plus éclairés d'entre eux se ruent dessus, leurs Editeurs se croient populaires, "près des gens", la messe est dite.
La démocratie et la Culture occidentales peuvent aisément se passer de leurs destinataires naturels en leur faisant croire le contraire.

J'en finis, Marceau.
Pour t'exprimer ma reconnaissance de parrainer, si peu que ce soit, cette chose blogueuse. Et prendre l'engagement de démonter d'ici peu de temps un mythe puissant, abusif et monstrueux : ça s'appelle "le plombier polonais".
Tu ne regretteras pas ton Parrainage, promis.
Salut et Fraternité

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Membres

Qui êtes-vous ?

Quelqu'un qu'on sait être qui il est sans se douter qu'il est plus proche de celui qu'il n'a jamais été.