
"Dieu et le marché ont beaucoup à s'apprendre, mutuellement"
Cher Marceau, l'esprit a parfois des envies désarmantes de légèreté.
En marchant dans un parc, une forêt, au milieu d'une allée, curieusement le poids du monde paraît être resté à l'entrée. S'ils sont assez distants d'une route, le parc, la forêt t'immergent dans leur scénario, mystère, silence, arbres, une bête à pattes ou à ailes, un coup de vent, n'importe-quoi peut survenir mais sensation, naïve sans doute, que le danger est ailleurs. Et aussi toute pesanteur.
Et toute peur.
Enfermé dans du léger, hors toute emprise, que celle bienveillante du silence.
Oui, Marceau, mon Pivert de Camarade, je rêve.
Cette chose-blog à laquelle tu es associé malgré toi se nomme "rêvons-respirons".
Ah, par pitié ! Pas d'humour sur la douce poésie de la fraiseuse-perçeuse, à l'usine dès six heures le matin, pas d'humour rugueux sur la lancinante douceur du contremaître et des petits chefs. On en a soupé, de cette imagerie ouvriériste.
Il me semblait que tu lui avais donné congé.

Bon, plan d'action. Du PMT à satiété. On s'appelle, Marceau, on se prend un café, on parle business.
Chemise blanche manches courtes et cravate. Lunettes Essilor bienvenues.
Ah, de la modernité, Marceau ! Le petit vin blanc sous les tonnelles, bien joli, mais c'est la crise, c'est des opportunités en pagaille, tu me regardes les cours du CAC40 et on parle de tes commentaires et conclusions. Tu me fais une prés' (oui, dans ton temps rassis et poussiéreux, on appelait ça "présentation", et si on en faisait autant aujourd'hui, pendant qu'on perdrait du temps à prononcer "présentation" il sortirait quarante voitures des chaînes indiennes. Tu y as pensé, à ça?), avec un powerpoint.
Powerpoint, Marceau.
Oui, je te le répèterai. Mais bon sang adapte-toi.Tu l'aurais utilisé jadis, le powerpoint, que "Bataille socialiste" aurait été majo au congrès de 1938.
Reste que ça bouge, Marceau, ça bouge.
Toi qui voulais du mouvement.
Bientôt, il sera question, ici-même, de Sevran, trésor ignoré de l'Humanité, joyau de l'urbanisme, foyer d'irénie. De son Cinéma, immense cathédrale au destin imprévisible. De toi, Marceau. Tes railleries n'y feront rien : je ricanais plus haut, mais j'ai ton Histoire en tête.
Merci pour ton concours.
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