Préserve du péché"
Le courrier des lecteurs (trices)
Une lectrice anonyme, Pascale L., nous adresse le message suivant :
"Ouiche, bon, très bien tout ça, mais voilà, par moment, vot'truc, c'est compliqué, trop d'allusions à ceci, de renvois à celà... Faites simple !".
Réponse du "Pivert" :
Chère Pascale L., votre faim de simplicité est légitime ! Etonnez-vous, levez-vous un matin avec une pêche d'enfer, la gniaque, le challenge aux mâchoires, libérez votre vie au quotidien, n'écoutez que vous, fermez-vous aux rumeurs, à vos voisins, à votre chef d'atelier et aux étrangers. Avec un double topset, un yaourt maigre et une orange outspan, vous croquerez la vie au niveau du feeling.
Ainsi, Pascale L., vous vous réaliserez à donf, point barre.
Mais ayez garde de trop vous mêler de problématiques extra-vitales; une pyramide dégressive des priorités éclaire nos choix systémiques par une articulation rationnelle de l'input "vie" et de l'output "réel", on va dire. En celà, nul recours à des supra-dialectiques empruntées aux anciennes morales, seule reste l'exigence du vécu au jour le jour.
Et gare aux mélanges et aux addictions ! Une vie simple et claire ne peut s'accomoder de trois heures quotidiennes de "Gala", "Voici" et de Louis Althusser ou Pierre Bourdieu. Rafraîchissez vos méninges; si, hélas, "L'île de la tentation" n'est plus diffusée sur TF1, vérifiez ce qu'il en est de "Koh Lanta". Ainsi, pour le bureau et les comptoirs de bistrots, vous disposerez de réserves inépuisables de sociabilité langagière.
Vous serez open, on va dire. Sur le monde, les autres, vous.
Ecrivez-nous de nouveau dès que vous aurez constaté les effets de nos conseils, Pascale L., et merci pour votre fidélité !"
Le Pivert de Marceau
Un tiers de faux rhum
Curieux pélerinage; par la seine, par les chemins creux, dalles et sentiers, traînant leurs capes pesantes, vidant à peine leurs gourdes de potages et de vins, ils s'en viennent chaque matin frapper aux portes de l'édifice de verre appelé "paryseine", aspirent à vendre leur force de travail au Seigneur Fort Homme.
Longue attente sous les pluies, les capes fouettées par la bise glaciale; le Seigneur apparaît, une tiare sertie de diamants de la civilisation Ünhiv Erpaush surplombant sa ronde tête sévère. Il rompt le silence soumis par des mots qui injectent les parois auditives telles des ondes délirantes : "Il nous manque trois briques pour faire le budget".
Et les pélerins de n'y plus tenir, les capes de valdinguer, heurts de mâchoires édentées et crânes implosés : y'a donc du boulot. "Nan mais où c'est qu't'a appris la gestion? Ton école de commerce, c'était l'foyer des cons ?" .
Et les gueules cassées par le froid de se disloquer sous la puissante déconvenue. Et la procession de s'en retourner vers les terres reculées où elle irait noyer la désespérance, et se saoûler allègrement la tronche d'avoir échappé à pareil destin.
Il y eut un soir, il n'y eut pas de matin, c'était un "bis", ce fut un "ter" de Fort Homme".
Le récit qui précède n'est accessible qu'à qui s'y reconnaîtra. Marceau, je t'expliquerai. C'est une histoire de capitalisme.
Cher Pivert, j'ai beaucoup admiré le passage sur la pyramide dépressive d'anchoix systémiques. Je ne connaissais pas cette espèce, sans doute car je ne mange pas de poisson.
RépondreSupprimerC'est à ce genre de détails qu'on reconnait les intellectuels, qu'est-ce que je vous disais.
Toutefois je voudrais vous signaler, respectueusement, que
1/ le topset est bien difficile à trouver de nos jours : puis-je le remplacer par un kit kat ?
2/ je n'ai pas trouvé d'acteur du nom de Louis Althusser, ni Pierre Bourdieu : que faire ?
Merci pour vos conseils qui m'aident beaucoup dans cette cruelle période de ma vie que je traverse, seule ma légendaire discrétion m'empêchant de vous confier plus avant mes problèmes - mais j'ai déjà compris qu'il s'agissait d'input/output, et ça va déjà beaucoup m'aider.
Fidèlement,
Votre
PL