dimanche 1 mars 2009

Marceau Pivert, suite

Marceau Pivert.
Raccourci. 1000 excuses, Marceau.

A adhéré à la SFIO à 19 ans, en 1924, est devenu membre du Conseil National en 1927, créateur avec Jean Zyromski de la tendance "Bataille socialiste", puis, en 1933, de la "Gauche révolutionnaire" qu'on dit "ultra-gauchiste" ou infiltrée par les trotskystes (la fameuse stratégie de l'entrisme). Adepte d'une politique clairement révolutionnaire de la SFIO, le courant réunit pas mal de beau monde (Pierre Vidal-Naquet en était, et aussi Daniel Guérin). Au congrès de février 1936, la motion de Pivert recueille 11% des mandats; le Front Populaire porté au pouvoir, Pivert entre au gouvernement, en charge de l'information. Il pousse Blum à la radicalité face aux luttes ouvrières, au fascisme montant, en vain. C'est en 1937 qu'il écrit son fameux "Tout est possible!", qui lui vaut une réponse toute simple de "L'Humanité" : "Non, tout n'est pas possible", et, à terme, son exclusion de la SFIO en 1938. On fait vite, disais-je.




Notre Marceau ne s'en laisse pas compter. Las d'être étouffé dans une SFIO elle-même tétanisée par son voisinage avec les radicaux d'un côté, le PCF stalinien de l'autre et une bourgeoisie active, il s'en va fonder le PSOP (Parti Socialiste Ouvrier et Paysan). A la section Javel-Grenelle du PS j'ai fait la connaissance d'Henri Pertuisot qui, je crois, en était. Albert Gazier, ex secrétaire général de la CGTU et ancien ministre, était aussi à la section. Ex -pivertiste? Je ne sais plus.

Et Marceau a fait l'expérience de la difficulté d'exister quand on veut ouvrir une troisième voie entre PS et PCF ou au-delà des composantes traditionnelles de la gauche. Leçon qui s'est appliquée plus tard au PSA devenu PSU, au Mouvement des Citoyens fondé par J.P. Chevènement (aujourd'hui MRC), une leçon à laquelle le Parti de Gauche voudrait échapper, et tant mieux.

Comme Pétain dissout son PSOP, notre Marceau s'exile... au Mexique ! (Tiens, tiens...).
Après la libération (on continue de faire vite), il retourne au bercail SFIO et disparaît de l'arêne socialiste. Wikipedia rapporte qu'il aurait peut-être adhéré au PSA s'il avait vécu jusqu'à sa fondation.

Marceau est mort en 1958.

Que Marceau ne m'en veuille pas, ni ses partisans. Je m'arrête là.
Google signale une abondante bibliographie sur notre Marceau, que je suis ravi d'avoir comme Parrain, très involontaire mais je suis ravi quand-même.

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