samedi 7 mars 2009

Souvenirs du Général Beuret


"Prions le marché pour qu'il nous fasse de beaux lendemains"


Pivert, respecté Camarade, on tourne un peu autour du pot.

D'abord, quelques mots sur un événement majeur en préparation. Pas tant le meeting du "front de gauche", demain, au Zenith (une sorte de Vel d'Hiv en plus petit. La réplique moderne du Vel d'Hiv est Bercy. En bord de seine, lui aussi). Le front de gauche est une tentative pour cimenter le PG (Parti de Gauche, créé à la gauche du PS par le Sénateur Mélenchon), le PCF et des minoritaires du NPA, à l'occasion des élections européennes. Je sais, beaucoup à en dire, on verra ça un peu plus tard si tu veux bien. Pas tant le meeting, donc, que la prochaine floraison printanière. Tu verrais ça, Marceau, Cathrine et moi avons un petit jardin, nous y avons fait planter des arbustes, ils bourgeonnent, ils annoncent le Printemps, des couleurs, un peu de bleu dans le ciel et un air un peu plus clément. Et l'oubli de cet hiver froid, agressif, au milieu duquel cette crise assassine s'est librement épanouie.

Pivert, disais-je, nous avons une relation commune : le Général Beuret.

Mais oui, souviens-toi, le n°31 de la rue du général Beuret. Le siège de la XVème section du Parti Socialiste, devenu celui des trois sections PS du XVe (Javel-Grenelle, Convention, Volontaires) et du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol).
J'ai tout lieu de penser que tu as connu le 31 de la rue du général Beuret...
A vérifier quand-même.

Si tu l'as connu, tu as dû connaître cette bâtisse à peu près neuve et propre, dans un quartier ouvrier situé entre la rue de Vaugirard et la rue Lecourbe. Je l'ai connue vieille et assez sale en 1978, alors que le quartier n'était pas encore chiraquisé, vidé de ses humbles et d'une forte part de son Histoire ouvrière. La bâtisse était sauvée de la crasse et du délabrement par le dévouement de vieux socialistes, tel ce Lulu, armoire à glace, forte tête, ancien combattant, ex-SFIO molletiste (à ce titre risée un peu facile des néo-militants du tout jeune et très "in" PS). Je l'ai croisé pour la dernière fois en 1984 dans le cabinet de Roger Rouquette, député suppléant d'Edwige Avice. Lulu maugréait, tapait du poing sur le bureau de Roger, menaçait d'en référer à Jospin (ancien de la section) et Defferre : il ne pouvait pas mériter un traitement d'ancien combattant aussi bas, on ne voulait pas reconnaître ses états de service. Il se battait, Lulu. Roger se démenait, lui rétorquait vivement : "Mais fais appel à Dieu le Père, tant que tu y es". Il lui a eu un rendez-vous avec le directeur de cabinet du Ministre des anciens combattants de l'époque.
Quand j'ai quitté le vaillant ancien combattant socialiste et l'extraordinaire militant du CERES qui s'essayait à adoucir ses conditions de vie, je trouvais déjà le temps long au PS - mais j'étais encore fier d'être socialiste, Marceau.

Eh, Pivert, un peu facile de me traiter d'ancien combattant.
Du coup j'en termine avec l'évocation du général Beuret.

Cette section à laquelle j'ai adhéré, la XVe Javel Grenelle, était nombreuse, la plus grosse de Paris, m'a dit un jour Nicole Bricq, à majorité CERES, bouillonnante, fertile en idées, réflexions, actions, militantisme de tous ordres. Exactement ce qui me convenait à 21 ans.

La "fédé" de Paris était majoritairement acquise au CERES sous la houlette de Sarre, depuis 1971. Le 1er secrétaire fédéral était Christian Pierre (futur Pierret), son successeur Jean-Paul Planchou (devenu Deloriste) puis Nicole Bricq (idem). Après le départ de Chevènement du gouvernement Mauroy, au congrès de Bourg en Bresse ou de Toulouse, le CERES a cédé la majorité aux "mitterrandistes", vaste conglomérat hétéroclite, sans odeur ni saveur politique, de supporteurs du Grand Leader. Un peu la raison d'être, et en même temps la plaie, de ce Parti.

A Javel Grenelle on croisait un ou deux ouvriers (on était à Paris, fin des années 70...), beaucoup de cadres. Peu de jeunes. Des gens de qualité. Des copains.

Bon. De fait, on est dans le registre souvenirs et mémoires.
On continuera une autre fois, ou bien je t'entends déjà railler l'album-souvenir.

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